Bio

« un chanteur original, arpentant en artisan de la chanson, un territoire rare et peu emprunté. Il lui arrive sans doute souvent de défricher pour se frayer une chemin escarpé dans une langue qu’il peaufine avec la précision d’un orfèvre. Il s’excuse presque de ne pas avoir de succès, de rester dans l’ombre des produits stéréotypés, lui qui ose avec talent le pari de la chanson qui donne à rire et à réfléchir.
Yann Pierre non seulement nous enchante mais il nous fait rire aux éclats par ses textes ciselés et puissants. L’humour en chanson, d’autres s’y sont essayés, jouant du calembour ou bien du jeu de mots, de la grosse farce ou encore des astuces de la langue. Lui ne tire pas ces ficelles, il rentre sur la pointe de la voix dans des problématiques contemporaines, glisse progressivement de l’autre côté du miroir de l’actualité, pour, en quelques touches acerbes, drôlatiques ou surréalistes, nous entraîner dans l’ironie douce amère.
Il s’accompagne à la guitare dont il joue avec une rare délicatesse. C’est sans doute le contraste entre un texte acide, piquant et une mélodie d’un grand classicisme qui permet à cette curieuse alchimie de fonctionner à merveille. L’assistance rit, rit même aux éclats, des éclats qui touchent leur cible. Pour lui le rire n’est pas une fin en soi, c’est la courtoisie du désespoir, la délicatesse de l’indignation, la politesse de la révolte. »
Bernard-Jacques Ringuet / Chroniques au Val (mai 2017)

 

Auto-bio

Difficile de parler de soi… La vie m’a fait aimer les notes et les mots, alors la chanson se présentait comme une évidence. Plutôt qu’un « chanteur », je me vois plutôt comme un « chansonneur », un « faiseur de chansons »… « Chanteur » oui, certes, car il faut bien les chanter, ces chansons…

Un « guitariste-chansonneur » même ! Une guitare en guise de cadeau d’anniversaire offerte par mes parents chéris pour mes 18 ans, rien de tel pour saborder mes études de commerce international. Puis des rencontres, des livres, des sons, et ce bonheur, ce besoin, de voyager avec un stylo, une guitare,  depuis 25 ans maintenant…

Des rencontres, des profs de guitare : Pépito Vergara, François Fichu et Mike O’Neill à l’American School of Modern Music, Toninho Ramos.

Professeur de guitare au sein de mon école « La Guitare Impertinente » à Étampes, partager une passion,  passer un relais, me lever le matin pour aller « jouer ». Et ainsi ne pas dépendre du succès commercial, de ventes d’albums, ne pas courir après le « tube », long et creux, la liberté de créer. L’Art pour l’Art. Car, faut-il le rappeler, avant d’être une exécrable industrie, un outil d’abrutissement, avant d’être un bruit de fond d’hypermarché, un produit de consommation, un concours de braillements, la musique, la chanson, sont, avant tout cela, et bien au-delà, une expression, un art.

Quand on me demande si je vis de mes chansons je réponds « ça va, j’en meurs pas », et quand on  trouve que mes chansons ne sont pas à la mode, je le prends pour un compliment.